Grand Vicaire n°24

Lundi 7 mai 2012, par Stéphane Guesney // Publications

JANVIER 2004

SOMMAIRE


Licence pro : Kezak’eau

Formation professionnalisante de niveau Bac+3 la licence pro reste encore trop méconnue, un de ses plus digne représentant s’exprime sur le sujet.

Une richesse de diversité :

Sur le plan de la diversité géographique et estudiantine, la licence pro c’est une pub pour Benetton : une étude récente de l’UMR GSP a démontré que près de 97,131.101 % des étudiants de licence pro s’exprimaient dans un langage alliant dialectes et patois. Cette situation peut paraître exceptionnelle pour une promotion comptant une trentaine d’âmes. Néanmoins, il apparaît intéressant de voir s’entremêler et se fondre le créole et l’alsacien, l’occitan et le ch’ti…

Les études supérieures sont également très colorées :

Même si elle apparaît déconcertante, cette diversité n’a pas entraîné d’effet « Cour des miracles ». Elle permet, en revanche, la manifestation d’une synergie basée sur la complémentarité : Savoir technique et professionnel / Savoir théorique et universitaire.

La sélection : digne de Roger Lemaire
30 étudiants ont été rigoureusement sélectionnés pour leurs aptitudes parmi 240 postulants d’élite. Le casting a été sévère (Cf. Pop star saison 3) : CV, lettre de motivation, résultats… Tout a été mis en œuvre pour servir la crème de la crème afin d’obtenir une licence IV d’exception. Il est à déplorer qu’aucun candidat n’est pu assister à un entretien, tous souhaitaient pourtant une évaluation moderne afin d’émouvoir le jury par leurs performances vocales et rhytmiques : Ce n’est que partie remise.

Le biotope : à l’échelle de la biodiversité
Pour que les individus qui composent la population jouissent d’un développement optimum, ils doivent bénéficier d’un territoire à l’échelle de leur biodiversité. Ainsi, les migrations s’effectuent entre 7 sites alsaciens qui ne bénéficient pas encore de mesures de protection particulières (Natura 2000, ZNIEFF). Cette situation, favorisée par la symbiose ENGEES ULP, semble propice à leur éveil et à leur développement pédestre.

L’enseignement : !

La formation en cohabilitation ENGEES-ULP à l’avantage de cumuler pas mal d’avantages :

L’Autonomie : euphémisme à la mode permettant à l’étudiant de rester chez lui s’il se conforte dans la thèse que « chez lui c’est mieux ! ». Il est plutôt conseillé toutefois d’enregistrer sa partie d’ISS pro évolution avant les TD obligatoires…

Les moyens informatiques HI TECH : Eh ouais, au risque d’en provoquer certains, l’ENGEES nous a ouvert à tous un compte informatique. Pourquoi ?

-  Parce que nous aussi on en a marre des boites e-mail gratos qui pètent à 4 mégas !

Au fait, pendant que j’y pense, lorsque vous mangez des frites, pensez à vous laver les mains avant de coller vos pattes sur les écrans… C’est un minimum merde ! Je sais que je ne peux pas vous convaincre de ne pas céder à la tentation de sentir du bout des doigts toutes les belles choses qui apparaissent sur votre écran, mais un minimum d’hygiène s’impose. Aussi, je tiens à rappeler à certains qu’un mulot est généralement présent à droite du clavier et que la fonction écran tactile c’est pas pour tout de suite. On n’est pas en train de prendre un ticket dans Métro, même s’il y en a qui braillent et qui s’lavent pas ! ! ! Bon je vais trop loin, je retire : Personne ne braille dans les salles info entre 20h00 et 22h00 le vendredi.

Queue de Charrue bis


Dans le métro

J’étais, une fois, dans le métro, assez cramoisi. Par souci de ne pas perturber l’ordre naturel des choses, j’avais décidé de faire fi du sourire qui parasitait mon visage alors que, juste avant d’entrer dans la gueule béante de cet arrêt, je gambadais dans les rues lilloises, à la manière d’un petit fan qui serait barbu et aurait une gueule de terroriste.

J’avais mis fin aux doux parfum printanier qui régnait dans mon cœur ; j’avais cessé de siffloter comme un gamin ; j’avais cessé d’essayer de croiser le regard d’une inconnue pour y échanger un moment d’éternité ; foin de ces enfantillage, j’allais dans le métro où l’usage est de consciencieusement se concentrer sur la déformation idéale que l’on pourra donner à ses joues, ses lèvres et ses sourcils, pour atteindre le degré le plus élevé possible d’antipathie et passer ainsi le plus inaperçu possible.

Il s’agit là d’une technique qui porte ses fruits quant un braillard quelconque vient s’égosiller avec son violon mal accordé juste pour crier le plus fort possible à tous qu’il existe alors que tous ne désirent qu’une seule chose en silence : qu’il n’existât pas.

Entièrement acquis à la cause populaire, et soucieux de ne pas perturber les traditions, je m’efforçais d’en avoir marre de tout, d’être exaspéré par chaque bruit, fatigué de chaque soubresaut, irrité de chaque bousculade. Ceci nécessite une certaine concentration, rendez vous compte : j’avais, en entrant dans la rame, juste en face de moi un couple de cagoles nordiques (traduisez cagoles par ultra-beauf féminines).

Leur discussion était pour le moins truculente car elle allait du programme télévisé où Kevin avait largué Kelly, à l’ami de l’une d’elle, Kévin, qui avait largué Francine, le tout avec l’accent Ch’ti.

Au deuxième arrêt, j’avais en face un tout jeune grungie débutant, cheveux gras en vrac, haleine probablement fétide, symbole peace-and-anarchy tatoué sur son jean déchiré et délavé ; il lisait Freud. A ses côtés, un cadre physiquement encore jeune, attaché case bien sagement entre les jambes de son pantalon parfaitement repassé, coupe aussi rigoureuse qu’un défilé militaire, peau blafarde ; il lisait Hard and Heavy.

Au troisième arrêt, une maman africaine vint s’asseoir à mes côtés. Son marmot me regardait avec un sourire intrigué par une barbe qui le laissait pantois. Là, mes zygomatiques se prirent de tremblements et je faillis sourire. Par bonheur, la ganache que tirait mon autre voisin, visiblement moins sensible que moi à la condition infantile, me rappela à l’ordre. Je pus retourner tout entier à mon malheur métropolitain.

J’en étais arrivé à un point de ronchonnage intérieur assez élevé lorsque - le métro s’était alors presque vidé - une bande de jeunes zonards entre.

« Chouette ! me dis je. C’est le calvaire assuré. »

Ils s’installent directement en face de moi. Il y avait un blanc et un noir. Le noir était visiblement de mauvaise humeur mais plutôt dépité, et le blanc était tout fou, énervé comme un Pitt Bull prêt à mordre. Faire la gueule devenait de plus en plus facile pour moi, il n’y avait plus de sport.

Je crus comprendre qu’ils s’étaient fait enfler dans un deal et dans ce milieu il est hors de question de se laisser passer la vaseline. Ils allaient donc, quelques arrêts plus loin, réparer l’affront, de manière probablement … euh … épicée. Mais tout à coup, ils me remarquèrent.

« Bingo » pensais je.

Ils me lancèrent un « bonsoir » courtois…
c’était le premier que l’on m’adressait depuis le début de la soirée.

Ils retournèrent à leur discussion, toujours énervés, mais je sentais que la peur les gagnait au fur et à mesure que l’arrêt approchait. Mais ils iraient, de toute façon, parce qu’on ne se laisse pas souiller, … de toutes façons. Ils me regardaient sous leur casquettes par moment, cigarette au bec parce que c’est interdit, et je croyais lire sur leur visage un très faible « à l’aide » caché par des forêts des gros mots qui peuplaient leur débat.

Sans que je ne leur demande rien, ils me proposèrent une cigarette … sans rien en échange … juste comme ça.

Puis l’arrêt a fini par arriver. Ils se sont levés. Ils y sont allé. Je n’en sais pas plus sur leur compte mais ce que je sais c’est que juste après leur départ, … je souriais.

On ne peut faire confiance à personne.

Zitoune


Evolution ?

« Surpris », c’est le mot que je cherchais pour décrire mon état en arrivant pour une toute nouvelle année à l’ENGEES. Ma 1A avait sans doute été une des plus belles années de ma vie : une intégration en fanfare par de sympathiques 2A et 3A avec une apogée dans un beau chalet des Vosges, puis des soirées et sorties tout au long de l’année, en un mot le rêve.

Et puis, sur la fin de l’année, un sentiment bizarre et évanescent m’avait envahi, une vague impression que quelque chose était différent, sans pouvoir saisir quoi. Le ton montait souvent entre les gens, les paupières des gens que je croisaient semblaient lourdes à tout moment du jour ou de la nuit. Bah, rien de grave me disais-je, tu es fatigué, tout le monde est fatigué et on a tous besoin de notre été de vacances pour se remettre d’aplomb.
L’inconscient que j’étais…

Après une rentrée très « matinale » (dans l’année s’entend), le temps de se réhabituer au son langoureux de la voix de Markele, j’ouvris les yeux et là, ce fut le drame : où étaient donc passés les gens qui, à la même époque l’an dernier, occupaient l’amphi 306 ?

Certains diront qu’il s’agit d’un mûrissement, qu’une année passée dans cette école leur a fait voir tellement de chose qu’ils n’ont plus le même regard pur et naïf qu’auparavant sur le monde.

Mouais, ceci reste très discutable ; regardez donc un peu autour de vous en amphi : rien ne vous semble différent vis à vis de l’an dernier à la même époque (et ce n’est pas une question de connaître ou pas les gens) ? Une part croissante de vos congénères (qui ne sont plus qu’une cinquantaine au maximum simultanément) ne semble-t-elle pas affublée d’une impression de fatigue perpétuelle, leurs yeux ne sont-ils pas plus hagards… Ne semblent-ils pas en phase avec l’encéphalogramme d’une part de quiche ? En un mot, ne sentez-vous pas l’odeur de la déprime poindre en ce début d’année ? ? ?

Bon, bien entendu, ne généralisons pas, cela n’est heureusement pas (encore) applicable à la majorité des personnes mais si j’écris aujourd’hui c’est parce que j’ai l’impression que ce fléau s’étend de plus en plus.

Soyons sérieux, le mûrissement, la prise de responsabilité ou je ne sais quoi d’autre ne sont pas responsables de tout cela, sinon la vie d’adulte serait bien triste.
Bazardez donc vos vieilles rancunes / tristesses / et autres problèmes (rayez la mention inutile) au placard et repartez du bon pied sur des bases saines. Pour que vous aussi, quand vous serez en 4A, vous reveniez joyeusement vomir au WEI, histoire de prouver que la vie professionnelle n’a pas entamée votre bonne humeur.

Lapinbleumarine


Ode aux volets roulants électriques.

J’admire la manière avec laquelle l’Engees se tient au top des technologies en vogues. Tenez, prenez pour exemple ces superbes volets à moteurs rotatifs électriques surpuissants qui ornent l’amphi 306 dont le prix, tout juste exorbitant, atteint à peine celui de la dernière fusée Ariane et dont l’utilité reste un grand mystère de la science.

Peut-être le directeur de l’école a-t-il fait un jour le rêve suivant :

Au début le soleil sauvage agresse de ses mille rayons le pauvre élève qui n‘a rien fait que d’essayer de suivre et comprendre modestement son cours de statistique (quel doux rêveur ce M. Bernard …).

L’élève de l’Engees est une entité pure dénuée du sentiment de vengeance et dont l’émotion et la sensibilité (à l’éthanol, par exemple) font de lui un être fragile certes mais hautement méditatif (j’en veux pour preuve ces soirées passées en étude et en prière que mènent les 3A et qui se prolongent jusque tard dans la nuit).

C’est pourquoi, il juge que son devoir n’est pas de châtier l’astre vandale mais de protéger son prochain d’un pareil assaut aveuglant.

L’élève trouve donc une parade, il interpelle le prof, lui expliquant au mieux son embarras.

Après une bonne demi-heure de latence (propre à la nature du prof de statistique) celui-ci à l’idée de baisser le volet. Mais le soleil qui a des idées brillantes s’est muni d’une alliée de taille, la courroie du volet qui résiste à la traction exercée sur elle par le prof de statistique impuissant qui déploie pourtant une énergie folle (comme à son habitude).

ET LA, C’EST LE DRAME !

Plein d’effroi, M. Bernard se réveille en sueur, encore traumatisé par ce cauchemar dont l’horreur fut d’une rare intensité. Il prend la décision d’agir et d’y mettre tous les moyens (de l’école).

Notons qu’une précaution supplémentaire a été prise car les écrans de projection ont eux aussi étés munis d’un tel système aussi inabordable qu’inutile.

D’autant que le système a tout pour lui :

il est rapide (en référence au temps géologique)
il est silencieux (il suffit de se boucher les oreilles)
commode d’utilisation (les ¾ du temps le prof pense allumer la lumière du tableau)

Je terminerais en disant que je suis un tantinet de mauvaise foie, limite méchant d’autant que l’Engees est par ailleurs très bien équipée, informatiquement notamment. Mais bon il y a eut des fois où le choix n’a peut-être (voire sûrement) pas été aussi judicieux.

L’alchimiste Wertel Jonathan


Après le diplôme…

Les différents poissons de cet immense aquarium baptisé l’Engees ont tous une idée, plus ou moins précise, du cours d’eau qu’ils aimeront suivre plus tard, quand ils voleront de leurs propres nageoires. Quel est le tien ?

La quête de l’eau, la préservation et l’exploitation de ses réserves sont autant de sujets passionnants et lourds d’implications. Souhaites-tu optimiser les modes d’exploitation, lutter pour une meilleure répartition, militer pour une prise de conscience collective ou tout autre chose ? Quels sont tes moyens, de quels atouts disposes-tu ou comptes-tu te munir ?

Souhaites-tu voyager, as-tu une destination précise en tête ? Pourquoi avoir choisi d’être fonctionnaire ou de ne pas le devenir…

Autant de questions que nous nous posons et auxquelles vous allez répondre. Bref, nous voudrions connaître tes projets, tes motivations, ton parcours ... Si tu penses qu’ils en valent la peine écrivez nous un petit texte qui les décrivent et nous fassent rêver. Ca n’a pas besoin d’être long et on ne vous demande pas de dévoiler tous vos petits secrets, alors une fois entre midi et deux tu nous envoies ça à l’adresse suivante :

A chaque parution du journal, nous en publierons quelques uns. De plus il pourrait même être intéressant de les mettre sur Internet à la disposition de tous les élèves de fac, bts et prépas pour qu’ils se fassent une idée plus juste de l’école.

A vos claviers !

L’alchimiste ( Wertel Jonathan)


Vive TF1 !

« Quand je repense à la vieille Anglaise, qu’on appelait le Queen Mary… ». Cette citation d’une chanson de Michel Sardou est, je tiens à rassurer les lecteurs, uniquement là pour faire plaisir à Cyril (Cyril, tu me prêtes ta voiture ?) et pour faire le jeu de mots suivant mais néanmoins pitoyable : le Queen Maty II n’est paquebot, c’est aussi un prétexte pour une nouvelle chanson de Michel Sardou. Ca y est, le jeu de mots est fait (alors, pitoyable, hein ?). Passons maintenant à des chanteurs de qualité : parlons de la Star Academy.

Je commence à en avoir sérieusement assez de tous ces gens qui crachent sur cette émission. Ce ne sont que de sales intellos gauchos dont le seul sentiment possible est la condescendance (Charlie Hebdo, salauds de gauchos ; le Canard, au placard !).
Honte sur eux ! Qu’ils laissent les vrais gens s’amuser un peu en pêtant devant leur téléviseur, en sirotant de la Kronenbourg et en insultant les bourgeois. C’est pourquoi je clame haut et fort : vive la star’ac ! Vive la star’ac ! VIVE LA STAR’AC !

D’abord, elle permet à des vedettes complètement « has been » de se faire un beau paquet de pognon (ah, nous n’aurons pas leur liberté de penser) ; d’autre part, comme je vais vous le démontrer, elle constitue une très forte stimulation intellectuelle en ces durs temps où la télé nous rabâche des reportages sur l’évolution économique aux Malouines ou encore la dure répression d’Aristide (pas brillant celui-là) en Haïti. A bas ARTE !

Vous ne vous en souvenez peut-être pas mais la dernière gagnante de la star’ac s’appelle Elodie (en décembre 2003). Mais si vous savez, celle dont on a dit qu’il était complètement conne. Eh bien non, cela est faux. On peut dire toutes les bêtises du monde mais certainement pas sur cette charmante demoiselle. Non, Elodie n’est pas conne, Elodie sait (ATTENTION JEU DE MOTS).
Alors, ça vous étonne cette référence à l’œuvre d’Homère dans la star’ac, de surcroît sur TF1 ? Eh oui, on avait jugé trop vite. Vous verrez, dans la star’ac n°4 ; on attaque l’Illiade. Ainsi, cette émission serait en fait une ode à la Grèce antique.

C’est d’ailleurs un Grec qui la présente. Un Grec au nom de Nikos, ça ne s’invente pas. C’est le nom de la victoire, ça Nikos ! Toi, mon vieux Nikos, t’es un vrai champion. A ce propos, laissez-moi vous citer une phrase prononcée par deux assistants du présentateur intelligent de TF1 (vive les oxymores) : « On s’est fait Nikos ! » Ah quand même ! Il paraît qu’après l’incident, il a fallu appeler Ulysse secours…

Mais revenons à nos agneaux, comme le disait Boby Lapointe. Oui, la star’ac est une ode à la civilisation helléniste. D’ailleurs, Etienne Mougeotte le disait lui-même dans le Figaro en s’adressant à M6 : « On vous a bien niké ! », ce qui, en langage plus diplomatique, signifie : « La victoire est en nous. »

Alors, amoureux de Thèbes et de Lacédémone, abandonnez les thémas d’ARTE aux noms aguicheurs et provocateurs tels que « Péloponnèse, ma patrie, mon amour. » ou encore « Contexte socio-politique du sud des Balkans » et zappez sur TF1. Vous verrez, vous vous mettrez à vouloir lire Aristote ou même Socrate.

Vive Aristote ! Vive la Grèce ! Vive la Star’ac ! Vive TF1 !

Matthieu.

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