HYDREOS : Pôle de l’eau Alsace-Lorraine

Mercredi 2 février 2011, par Philippe Arnoux // Au coeur de nos métiers

Le pôle s’appuie sur une implication des grands groupes de traitement de l’eau (Veolia Environnement, Suez-Environnement), de la production d’eau de boisson notamment dans le département des Vosges (Nestlé Waters) et d’équipements industriels (Endress-Hauser, Millipore,..), et sur un tissu dense de PME et de sociétés d’ingénierie et de bureaux d’études, représentant un potentiel de près de 350 entreprises impliquées dans la filière eau au sens large.

Le pôle s’appuie également sur un potentiel important en matière de recherche, avec 680 chercheurs identifiés, tant dans les organismes publiques (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments, BRGM, CNRS, Ecole Nationale du Génie de l’Eau et de l’Environnement de Strasbourg, Institut National de l’Environnement industriel et des Risques, INRA, Institut National des Sciences Appliquées) que dans les centres de recherche privée (IFBM, Institut pasteur de Lille, Kronenbourg, Nestlé Waters, Saint Gobain PAM,.. ) et sur un réseau de 5 des 18 unités françaises relatives à la sécurité sanitaire de l’eau.

En matière de formation, le pôle peut compter sur la force d’un réseau d’universités et d’écoles délivrant plus de 4000 diplômes annuels à partir du bac dans le domaine de l’eau et s’inscrivant dans la dynamique du réseau EUCOR (confédération des universités du Rhin supérieur, avec l’Allemagne, et la Suisse).

Le pôle est organisé autour de 3 thèmes opérationnels lançant des projets innovants : "Maîtrise des polluants", "Réseaux et transports" et "Eaux et écosystèmes".

Champ d’activité :
Connaissance des résidus médicamenteux humains et vétérinaires,gestion préventive des pollutions agricoles,gestion dynamique des réseaux,gestion durable des réseaux,biofilms,restauration et valorisation écologique des milieux humides,ingénierie de la protection de la ressource en eau,traitement des rejets par des zones humides,gestion de la qualité des eaux des mines noyées

Equipements :
A l’été 2010 le pôle est en début de phase exponentielle de croissance. L’association va acquérir des équipements au cours du second semestre 2010. Le pôle Hydreos a à sa disposition l’ensemble des équipements que possèdent ses membres (toutes les structures de recherche et d’enseignement des 2 Régions, les grands groupes, les PME) :

Objectifs :
La vocation du Pôle est de générer, par des recherches collaboratives associant entreprises, laboratoires, bureaux d’études écoles et universités des deux Régions, les innovations et solutions industrielles destinées à offrir des services, des biens compétitifs et des formations.
L’ambition, au final, de ce Pôle est double :
- au plan interrégional : soutenir et valoriser le potentiel des Régions Alsace et Lorraine dans un domaine où leurs avantages comparatifs sont indéniables, afin d’en développer l’attractivité économique et scientifique.
- au plan national et international : contribuer de façon décisive à relever les défis que pose la préservation de la qualité de l’eau, priorité de politique publique fixée tant par le Grenelle de l’environnement en France que par l’Union européenne.

Réalisations :
De nombreuses actions et notamment des projets collaboratifs sont en cours de création sur les 3 chantiers opérationnels du pôle ainsi que sur celui dédié à la création d’un pôle international de formation aux sciences et technologies de l’eau.
Le projet EPEC est le premier projet du pôle labellisé par l’ANR (au début de l’été 2010). Il vise à mieux connaître l’activité épuratoire des biofilms en milieu naturel et à développer l’ingénierie écologique pour :
- appliquer des zones humides artificielles à transit rapide en épuration des eaux urbaines,
- faciliter le retour des rivières polluées au bon état chimique.
Il débutera en septembre 2010 pour une durée de 3 ans.

Maîtrise des polluants, gestion des réseaux, protection des écosystèmes sont les chantiers majeurs du le pôle Hydreos. Explications de Philippe Perrin, Président du nouveau pôle de compétitivité.

Eurêka.Lorraine : Pourquoi un pôle de l’eau en Alsace-Lorraine ?

Philippe Perrin : L’eau est aujourd’hui un enjeu mondial en termes d’économie et de santé publique. Le cycle naturel de l’eau ne suffit plus à alimenter correctement les populations. En France, nous sommes concurrencés de toutes parts sur le secteur de l’eau, notamment par l’Allemagne et Singapour, beaucoup plus compétitifs. Hydreos apporte une réponse concrète aux problématiques de l’accès, de la préservation et de l’économie de cette ressource. Ce n’est pas un hasard si le pôle a vu le jour en Alsace-Lorraine. Tout d’abord, nous sommes situés des 2 côtés du bassin vosgien. L’expertise dans le domaine de l’eau y est particulièrement élevée. L’eau en Alsace-Lorraine, c’est plus de 350 entreprises, 36.000 emplois directs ou indirects, 4000 étudiants et 2500 chercheurs spécialisés. Avec le haut niveau d’industrialisation de l’Est de la France et la présence soutenue de nombreuses sources thermales, nous avons appris très tôt à nous méfier des polluants et à les étudier. Pour résumer, je dirais que nous avons appris à maîtriser l’or bleu dans un environnement qui ressemble à une île verte…

Quelle est la spécificité du pôle ?

En France, il existe déjà 2 autres pôles dédiés à l’eau : Montpellier, très orienté vers les pays Méditerranéens, travaille sur la recherche de l’eau et la gestion quantitative, tandis qu’Orléans étudie la durabilité du cycle de l’eau. Nous prévoyons des actions communes. En ce qui nous concerne, nous misons sur l’innovation. Savoir comment utiliser l’eau grâce à des projets de R&D, mettre au point des services et des produits nouveaux. En ce sens, nous nous engageons à créer de l’emploi dans un contrat de performance que nous allons prochainement signer.

Quels seront les chantiers d’Hydreos ?

3 axes de travail ont été définis : la maîtrise des polluants, le transport de l’eau dont la gestion durable des réseaux et la préservation des écosystèmes. Dans le volet polluants, les équipes de l’ANSES et du laboratoire d’hydrologie de Nancy étudieront notamment les pollutions émergentes dues aux résidus médicamenteux. Nous collaborerons également avec le laboratoire pharmaceutique NEGMA. La ZAM sera également impliquée dans ce chantier. Concernant la préservation des écosystèmes, l’ANR vient de valider un projet labellisé par Hydreos et intitulé "épuration en eau courante via les zones humides". Le procédé consiste en la création de zones constituées de joncs et plantes aquatiques qui permettront de filtrer naturellement les eaux polluées. Enfin, le chantier réseaux et transports de l’eau se penchera sur les 550.000 km de tuyaux convoyeurs d’eau qui courent sous nos pieds. Le réseau français manque de renouvellement. L’enjeu sera d’optimiser la gestion de ce réseau et de protéger l’eau dans les endroits où elle entre en contact avec un environnement hostile.

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