Histoires d’associations : la banque alimentaire

Jeudi 24 août 2006, par David Dorchies // Paroles d’anciens

Ceci est une copie du courrier envoyé à l’association par Jacques Plasteig, Promotion « Vannes » (1963-1966).

En réponse à l’appel paru dans « Contact » n°67, c’est bien volontiers que je me prête à la présentation de l’association que j’ai rejointe dès ma libération des activités professionnelles.

Ma formation pratique ne m’orientait pas vers une action intellectuelle au service de causes lointaines. Je me suis ainsi présenté à la Banque Alimentaire du Béarn et de la Soule (BABS) où j’ai déclaré au président que je me mettais à sa disposition pour faire « n’importe quoi, n’importe où, n’importe quand » en me gardant bien d’ajouter « n’importe comment » ! La seule connaissance qui était la mienne provenait du contact annuel avec les bénévoles à l’occasion de la collecte effectuée fin novembre auprès des particuliers. L’entretien, d’embauche ayant été satisfaisant je me suis vite intégré aux activités de la BABS ce qui m’a permis de découvrir l’activité de cette association et le contexte général de son intervention.

Le mouvement crée il y a une vingtaine d’année pour répondre à la demande alimentaire des plus démunis répond à l’objectif de lutter contre la faim et luttant contre le gaspillage. La demande existe, de nombreuses denrées sont jetées : il s’agit d’organiser la collecte et la distribution.

 

Organisation générale

Les 79 banques alimentaires couvrant la quasi totalité de la France métropolitaine et d’outre mer sont fédérées au niveau national. Les denrées sont recueillies gratuitement auprès de divers donateurs et remises dans les mêmes conditions aux diverses associations caritatives à charge pour elles d’en assurer la distribution aux bénéficiaires qui leurs sont adressés par les divers services sociaux. Toute cette activité repose sur un important réseau de bénévoles.

Les denrées proviennent :

  • De l’U.E. à travers son PEAD (programme européen d’aide au démunis) qui fournit des produits excédentaires (céréales, lait) et de retrait (pommes, choux fleurs),
  • De l’état français qui nous remet des produits carnés congelés,
  • Des grandes surfaces et de grossistes où l’on collecte les produits frais (boucherie, crémerie, viennoiserie, fruits, légumes),
  • Des particuliers sollicités une fois par an fin novembre,
  • De producteurs disposant de denrées excédentaires (fruit, légumes, lait),
  • Des industries de transformation d’IAA (farine, salaisons, chocolat).

 

Fonctionnement local

La structure Béarn et Soule à laquelle j’appartiens couvre une grande moitié du département des Pyrénées-Atlantiques à partir de Jurançon, commune de l’agglomération paloise, l’autre partie du département étant desservie par la BA de Bayonne. Le fonctionnement est assuré par 90 bénévoles réguliers environ d’origines et de formations différentes et par 4 salariés à mi-temps. Nous distribuons 700 tonnes de produits annuels à 32 associations tous les jours ouvrables de l’année, soit près de 5000 repas par jour. Le principe de base du don et le fonctionnement assuré par de nombreux bénévoles nous permet de fonctionner avec un très faible budget (150 000€) représentant 7% des denrées distribuées.

Nous recueillons tous les matins les denrées fraîches dans 7 grandes surfaces de l’agglomération à l’aide d’un fourgon frigorifique ; le tri est effectué rapidement à la BABS, les produits non désirés sont éliminés (date de péremption dépassée, barquettes ouvertes, abats..), les denrées utilisables sont rassemblées en lots au prorata des effectifs des associations servies et stockées en chambre froide avant de leur être remises vers la fin de la matinée.. Les associations chargent en même temps les produits secs qui leurs sont destinées : riz, pâtes, conserves de légumes et de plats cuisinés, huile, sucre, café, confiture, chocolat, lait, beurre, petits pots pour bébés, lait infantile etc.. Le tout étant distribué aux bénéficiaires en début d’après-midi.

 

Mon insertion

Pour ma part j’assure la responsabilité du secteur frais un jour par semaine et j’ai en charge la gestion des denrées issues de l’UE, de l’ensemble du lait mis à notre disposition (120 m3 selon nos unités habituelles) et de l’hygiène et de la sécurité alimentaire, ce qui m’a conduit à compléter ma formation initiale reçue à l’ENITR en matière de froid, et à passer le permis de cariste ; il m’arrive également de prendre le volant des fourgons.

Ainsi après avoir mené une activité professionnelle visant à mettre en place les structures de production (aménagement fonciers, ressource en eau et maîtrise de l’eau au niveau de la parcelle) et être intervenu sur la transformation des produits, me voici dans la distribution ! La boucle set bouclée.

 

Du quantitatif au qualitatif

La vocation initiale des banques alimentaires peut être considérée comme atteinte : la partie quantitative est assurée. Malheureusement cela devait être temporaire et la demande perdure. L’orientation nouvelle qui se met en place vise à aider l’homme à se restaurer à tous les sens du terme :

· Gestion qualitative des stocks afin de mieux définir les besoins nutritionnels,

· Action « alimentation et insertion » par diffusion de recettes simples, bon marché et équilibrées,

· Mise à disposition de cuisines mobiles pédagogiques afin de venir en aide auprès des bénéficiaires qui ne savent pas ou n’aiment pas cuisiner,

· Réflexion sur le rôle de l’alimentation dans les milieux défavorisés, facteur de discrimination ou créateur de lien social.

 

Je peux témoigner de l’intérêt d’une telle activité dont l’effet concret est local. Nous intervenons pour des proches qui attendent cette indispensable aide alimentaire, nous connaissons les associations et leurs bénéficiaires ;aucun intermédiaire n’intervient. Les contacts avec les bénévoles d’associations et de la BA tous d’origines et de formations différentes sont une cause d’enrichissement personnel.

Si cela intéresse certains d’entre vous, sachez que toutes les vocations et compétences sont utiles. Selon la définition de notre président nous sommes une PME, chacun peut trouver sa voie.

N’hésitez pas à me contacter ou à consulter le site de la Fédération : www.banquealimentaire.org.

 

Jacques Plasteig Pau, juillet 2006

Promotion « Vannes »

1963-1966

 

 

P.-S.

N’hésitez pas à nous faire part de vos expériences associatives pour les partager avec nous et tous les lecteurs du site.

Répondre à cet article