Le retour du Grand Vicaire (en avant cette fois ^^)

Mardi 16 novembre 2010, par Stéphane Guesney // L’amicale des élèves

Chèr(e)s lectrices/teurs.

Du fin fond d’un disque dur viennent de resurgir les Archives du Grand Vicaire, LE journal des étudiant(e)s de l’ENGEES durant de nombreuses années.

Il est grand temps de se rappeler ces temps de saines ironies, parfois même un peu satirique.

Voici le numéro 8, dans une édition Copier / Coller pour une meilleure lecture.
Les fichiers constituant l’article seront en pièces jointes à chaque fois pour téléchargement.

Si quelqu’un(e) possède les numéros 1 à 7 ainsi que ceux au-delà de 26, merci de les envoyer par mail pour publication.

Si les autrices/teurs veulent également émarger leurs articles quelques années plus tard ;o))

Bonne lecture à tous !


NOVEMBRE 2000

APPRENDRE A APPRENDRE

Pour ceux qui s’intéressent un peu à l’éducation, à ce qu’elle peut apporter et comment, je voudrais dire quelques mots d’un bouquin GENIAL : Apprendre, d’André Giordan, aux collections Débats, chez Belin.

Ce bouquin s’interroge sur l’apprendre aujourd’hui… « Notre projet est pragmatique : déceler ce qui aujourd’hui facilite ou inhibe l’apprendre ». A l’école, mais aussi, finalement dans toute notre vie. Parce qu’apprendre est quelque chose que l’on doit précisément apprendre à faire, et qui, si on y arrive, est un des principaux moteurs de notre vie… Apprendre, ce n’est pas seulement apprendre les tables de multiplications ou la date de la première vérole de Charlemagne. Si je voulais exagérer, je pourrais dire que c’est même tout sauf ça. Apprendre permet de « trouver une émotion, du plaisir et un engagement qui produit une dynamique propre pour nous motiver en retour à apprendre plus ».

Bref, cela n’est pas seulement intéressant pour ceux qui côtoient des enfants, encore que, bien sûr, ce livre soit à l’origine adressé à eux ; il est aussi très utile pour mieux se comprendre soi-même ; et surtout, il apporte beaucoup dans l’optique de comprendre comment pourrait évoluer l’école, ce qui est loin d’être un sujet réservé à une petite poignée de spécialistes… mais concerne tous les bons citoyens que nous sommes, n’est-ce pas ?…

Le livre s’articule en trois parties : qu’est ce qu’apprendre, comment apprendre, et que faire de l’école pour qu ‘elle devienne enfin le lieu de l’apprendre.

D’abord, pour les non-initiés que nous sommes, l’auteur fait un petit tour par nos traditions pédagogiques, soulignant leur spécificité et leurs lacunes… Puis, il explique un peu le fonctionnement du cerveau, pour en tirer quelques idées d’avancée pédagogique intégrant différentes matières de façons très évolutives, dynamiques et interactive. Enfin, il rappelle la dimension sociale de l’appendre. Cette partie est très riche. Même quand il soulève des lieux communs, et c’est rare, l’auteur le fait de façon claire et dynamique, il nous force à repenser certaines connaissances naturelles…

Bref, il applique au lecteur ce qu’il développe ensuite dans ces propositions de pédagogie. C’est efficace et extrêmement enrichissant.

Bien. Maintenant qu’on a bien les idées en place, le bel André passe à l’apprendre proprement dit… COMMENT, mais comment faut-il faire ?

Apprendre est avant tout une démarche dynamique. Du coup, l’enseignant (ou nous-mêmes qui voulons continuer à garder cette envie) doit d’abord faire naître une interrogation, un désir de connaître… Il peut soulever des p’tites questions toutes simples du genre « qui je suis ? », « d’où je viens ? », « pourquoi dois-je dire bonjour à la dame ? »…. « Tout savoir est réponse à une question ». Si la question vient de l’élève, il ressentira par lui-même le BESOIN d’apprendre.

Une fois le processus engagé, pour que l’apprenant conserve sa motivation, il doit percevoir le fruit de ses efforts dans des résultats concrets, se sentir plus efficace dans des situations quotidiennes. « La motivation n’est rien sans l’environnement ; elle est une sorte de réponse à ce dernier … tout se joue dans une résonance entre les besoins, les intérêts, les attentes, les aspirations d’un apprenant et les propriétés d’une situation à même de les satisfaire »…

Une des grandes difficultés de l’enseignement est aussi que l’on se heurte au savoir préalable qui avant était à même de répondre à ces situations quotidiennes. C’est pourquoi « la prise en compte des conceptions de l’apprenant doit impérativement devenir le point de départ obligé de tout projet éducatif » : c’est en jouant sur ces conceptions de base qu’il va être possible de les changer.

Il faut dès lors arriver à démonter ce savoir existant, et ce qui entraîne une grande déstabilisation pour l’élève… Le nouveau savoir, le nouveau système de pensées qu’il entraîne doivent se révéler plus adéquats, et ce n’est pas toujours évident car « les racines [de l’ancien savoir] plongent dans l’affectif, l’émotionnel et le mythologique »… Là, le travail en groupe, la recherche, la discussion, la confrontation sont très utiles… Il nous faut apprendre à être fiers de nous tromper puisque cette découverte est un dépassement. Si l’apprenant comprend l’utilité de tout remettre en cause, il y viendra de lui-même, malgré la difficulté que cela peut représenter.

Dès lors, l’enseignant sera là pour lui faciliter l’apprentissage, en structurant un peu des connaissances, en guidant des recherches, en faisant des exposés clairs… par exemple grâce à des images, des modélisations, qui mettent en confrontation des idées, font ressortir des points forts.

Enfin, ces connaissances ne doivent pas se scléroser, il faut qu ‘elles puissent être adaptées à des situations pratiques, dans des contextes complètement différents, un projet par exemple où pourront se mêler les disciplines… Ce projet pourra s’intégrer à la vie quotidienne, à la ville, voire établir des liens avec les élus, les professionnels… Différentes classes pourront aussi y prendre part, pour que chacun apporte ses connaissances propres …

Enfin, il faut que l’apprenant prenne de la distance face à son apprentissage, s’approprie la démarche, qu’il comprenne comment il apprend, pourquoi il apprend… C ‘est ainsi qu’il acquerra des réflexes, des démarches réutilisables.

La dernière partie du bouquin est très concrète : quelle école créer pour lui redonner son sens ? Ca passe par des idées simples, dont certaines sont déjà mises en pratique par les enseignants les plus dynamiques et les plus convaincus. Tout reste à faire pour ouvrir l’école sur la société, dès les primaire… Pour mêler les disciplines, pour faire travailler ensemble les différentes classes… A moins que cela n’évolue différemment. Le tout est d’accepter l’évolution.

Tout ceci donne une toute autre dimension au métier d’enseignant. Il faut déplacer le centre de l’école du maître à l’élève. « L’élève est auteur de ce qu’il apprend ». L’enseignant n’est là que pour l’aider à chercher puis à trouver, en faisant preuve d’inventivité et de sa capacité d’adaptation .

Ma présentation sommaire, et somme toute, un peu lourdaude vous permet-elle de percevoir ce que tout cela a de révolutionnaire par rapport à l’école actuelle ? Ce livre n’est pas du tout destiné à une classe restreinte de passionnés de l’enseignement. L’école est à la base de toute notre société. Rester enfermé dans le système actuel en le considérant comme unique et immuable, avec plus ou moins de fatalisme, serait absurde. De plus en plus d’enseignants se lancent dans des projets pilotes, des écoles nouvelles se créent. Certes, on en parle pas beaucoup… Mais justement, ça redonne une sacrée dose d’optimisme de voir que tout cela peut évoluer. Que rien n’est joué, même si de tels changements prendront, bien évidemment, des années…

Julie


Bouquins

Illusions
(Richard Bach)
Un tout petit bouquin pour une grande émotion. Grosso modo, c’est l’nistoire d’un messie qui a abandonné son boulot de prophête. De miracle en miracle, il va apprendre au héros ce que c’est d’être messie.
La morale de l’histoire : tout est possible pour qui veut y croire. C’est poétique, philosophique, optimiste, et frais. Amateurs de Paolo Coelho, je vous le conseille vivement.

La peur géante
( Stéphane Wull)
J’ai lu cette chose par hasard. C’est à chier. Scénario inférieur à celui d’Independance Day, style aussi travaillé qu’une chanson des Spice Girls, chute aussi inattendue que celle d’un sauteur à l’élastique (sans élastique).
Amateurs de Nanards littéraires à tendance S-F, je vous le conseille.


Le club spectacle se présente…

Cette présentation a pour principaux destinataires les nouveaux arrivants, bien entendu. En effet, nos anciens savent très bien ce dont il s’agit, en ont déjà largement profité et attendent dans une trépignation hystérique qu’il reprenne. Mais trêve d’introduction, passons au vif du sujet.
Or donc, vous voilà rendus dans la bonne ville de Strasbourg, ville superbe au demeurant et au climat convivial. Mais, bougres d’étudiants que vous êtes, vous êtes en train de chercher toutes les occasions possibles de se détendre, de faire plein d’activités, et d’autres choses inavouables.
Je suppose que les bars principaux ont déjà été fréquenté, les cinémas de même (de toutes façons, ils sont quasiment tous dans la même rue), ainsi que l’ATAC/Galeries gourmandes/Auchan. (Je sais, on y va pas pour s’amuser, mais faut bien manger quand même).
Le club spectacle a pour but de vous inciter à découvrir d’autres moyens de passer du bon temps. Concrètement, il sélectionne pour vous des manifestations (concerts, théâtre, expos…) et une date et va même jusqu’à aller chercher les billets à votre place.
Ainsi, on peut tous aller en même temps voir un truc, ce qui est nettement plus sympathique. Et pour les plus expansifs, on peut même en discuter après, voire, pourquoi pas, en écrire un article dans le Grand Vicaire !
Mais une question semble vous tarabuster depuis le début de cet article. Sur quelles bases sont sélectionnés les spectacles à aller voir ? Réponse, aucune ! En fait, si vous avez une envie particulière, n’hésitez pas à la proposer, et le club tentera de l’organiser. (A moins que vous n’ayez envie de faire ça tout seul dans votre coin, c’est vous que ça regarde).
Mais le club spectacle ne se mettra véritablement en place que lorsque les cartes Culture auront été distribuées, parce que se faire plaisir à bas prix, c’est quand même mieux. Pour la petite histoire, les cartes Culture sont disponibles depuis un certain temps, on attend simplement que l’école daigne aller les chercher.
J’espère que cet article vous aura donné une envie irrépressibles d’en profiter. Je vous recontacterai au fur et à mesure des spectacles. A bientôt !

NGR


 Le proverbe chinois du jour :
Quand on a rien à dire, on cite généralement un proverbe chinois. (fonctionne aussi avec "rien à écrire")

 Le dicton du jour :
Un verre ça va, trois verres... ça va !

 La citation du jour :
"A trop enculer les poules, on finit par casser des œufs" [cit.:Le Poulpe]

 Le mot du jour :

Flamküche(n.f.) :
1) Equivalent culinaire de la pizza brûlée, à ces détails prés qu’il n’y a ni tomates, ni parmesan, ni pâte à pizza dans la Flamküche.
2) Insulte populaire des adolescents alsaciens. ex : "Ziva, nique ta Flamküche"
3) Terme codé ayant pour rôle de démasquer les traîtres sudistes infiltrant nos contrées qui prononceront ce mot "Céquoissa ?"
Nota bene : Ne pas confondre avec le Double Transgénic-burger, même si cette confusion est assez peu répandue.

 Brèves d’amphi :(de Bernard Dyssli)

Michel Rocard qui eut des démêlés avec les "Khmers Verts" (les écolos)
A propos des Xmines et Xponts-et-chaussée : "c’est quoi comme film porno ?"

 (c’est le signataire, un certain BPZitoune ^^ - NDLR)


Envoyé spécial : En direct du WEI (ou plutôt du Oaï)

Seul nouveau venu au Grand Vicaire (pour l’instant, mais je compte sur vous), j’ai été envoyé en mission au cœur de l’action. Je considère qu’un bon journaleux doit savoir infiltrer tous les milieux. Aussi, pour recueillir les témoignages suivants, ai-je dû (et ce fut un terrible sacrifice) m’imprégner ou plutôt m’imbiber des traditions du WEI. Je tiens à signaler que j’ai pris des risques considérablement inconsidérés en m’approchant de certains et en essayant de suivre leur rythme. Re-situons la scène :

Nous sommes environ 100 irresponsables sauvages perdus au milieu des bois, entourés par des indigènes quasi-invisibles tapis dans les bosquets environnants. Il est environ une heure du mat. On entend quelques cris stridents dont je suppose qu’ils émanent d’animaux sauvages (ou sinon, c’est des 4A). Votre serviteur prend son courage en main et va braver le danger …

Quelques commentaires ?

Nathanaël (4A) :

Il me répète qu’il y avait peu d’apéro même si son haleine et son équilibre trahissent ce mensonge. Il enchaîne alors sur des propos incohérents :
« Les 4A sont beaux, intelligents, brillants, raffinés [ ! ], poètes [ ! ! ! ], … [et modestes avec ça] ». « Les 1A ont un bon potentiel à développer. »
Conseil aux 1A : « Soyez lourds, TRES lourds. »

Patrice (1A) :

« C’est vrai que vous êtes pas lourds … »

Thierry (4A) :

« Les 1A sont sympas mais ils boivent trop [ ! ! ! ! ! ! !] » « Avec Marlène, on s’aime. »

Alex (3A) :

A propos des 1A : « Des fortes têtes se détachent du groupe. Pantani et les grimpeurs doivent être rattrapés par le peloton. » « Régis et Bougne ont un bon esprit et sont en bon état [N.A . : j’émets des incertitudes quant à l’absolue objectivité de ces derniers propos] » « Chapeau à Fred Prez » « Gentiane passe un tournant : Elle FINIT les soirées et presque bourrée. »

Kékile (présidente) : Que pense tu des …

1A : « Une bonne ambiance trop peu exprimée. Bravo à Régis le nettoyeur de plats à lasagnes. »
2A : « Ils ont bien assuré pour l’organisation du WEI (lol) »
[Ces dires furent confirmés par Alex, très content sauf pour la pluie, le manque d’apéro (bis) la musique pourrie … et quoi encore ?]
3A : « Ce sont des gros lourds. On notera la piètre prestation de Tom indécrottablement saoul. »
4A : « Pas de commentaires » [j’ajouterai même : NO COMENT]

Quelques ragots en vrac : (rubrique un peu censurée)

Pipou et Yann se seraient couchés tous deux en même temps. Il paraît que la douche s’en souvient.
Guyguess : l’homme aux 18 femmes à la fois.
Guillaume I. : l’homme aux 18 femmes et aux 18 bouteilles en plus !

Insolite

Patrice : « Vive les carottes et Princesse Sarah »

Thierry : « Tu es en Espagne, c’est la misère. Les bouchers tuent le bœuf à l’épée dans l’arène … »[je ne me souviens plus de la suite mais c’était palpitant]
A la question : qui à piqué la bouteille de Pastis ; réponse : « Joker »

Guillaume I. : « Vous savez que les vrais pêcheurs ne savent pas nager ? » « Si on avait pas les yeux pour voir les coquillages, à quoi ressemblerait la mer ? »

Mumu : « Merci à tous ceux qui m’ont souhaité bon anniversaire. » [je n’ai pas tout saisi des propos qui suivirent sur la pilosité masculine mais ça avait l’air vachement important]

Nat : « Si n’importe qui passe au Vietnam entre le premier décembre 4000 et le seize mars plus tard, appelez-moi. »

Lucien : « Si les genoux pouvaient se plier dans l’autre sens, à quoi ressembleraient les chaises ? »

Anonyme : « Si les galettes Saint Michel étaient vraiment TOUTES au beurre, ce ne serait pas des galettes mais du beurre. »

Anonyme : « Non à l’Anglais »

Propos de mon assistante Agnès :

2h 36 : Nicolas-le-breton pisse dans le lavabo.
Zitoune [qui c’est celui là, déjà ?] n’est plus capable d’écrire [pfff…n’importe quoi] parce que [soit disant] il est saoul.

… on ne peut plus faire confiance à personne …

ZITOUNE
Je remercie tous les interviewés, mes assistant(e)s, et les artistes qui ont essayé d’écrire quelque chose … (je suis pas Champolion moi !)


Que vous dire que vous ne sachiez deja sur l’Angleterre ? Plein de choses.

D’abord, ils ont des claviers d’ordinateur bizarres, mais ca c’est pas nouveau, ils peuvent rien faire comme tout le monde.
D’ailleurs, voici quelques exemples des curiosites britaniques retracees a travers une soiree type a la faculte de Southampton.

4h35 p.m. (deja ca commence, ils pourraient pas finir a la demi ou a 5h00 comme tout le monde ?) : fin des cours, les etudiants restent dans la classe a attendre on ne sait quoi, d’ou premiere interrogation du francais moyen : « qu’est ce qui se passe ? », ah si, ils attendent que quelqu’un decide ce qui se passe ensuite.

4h55 p.m. : tout le monde sort de la classe en sachant l’heure et le lieu du rendez-vous : dans une heure et 8 minutes au union’s Bar (bar tenu par le BDE).

6h03 p.m. (soit EXACTEMENT une heure et 8mn plus tard) : tout le monde est au bar cite plus haut et se rue vers le comptoir, sans meme prendre le temps de poser ses affaires pour commender une pinte pour les gars, et un melange edulcore et rose fluo pour les filles (existe aussi en variant verte, bleue ou jaune mais de toute facon edulcore et flashy).
La, tout redevient « normal », si ce n’est qu’ils parlent en anglais : on s’assoie, on discute, on rigole, et surtout on boit, un verre, deux verres, trois verres (remplacer verre par pinte pour les garcons et par bouteille pour les filles)...

7h00 p.m. : on change de bar, c’est un Pub Crawl, a ne pas confondre avec le Pub Golf, qui consiste en la meme chose, sauf que tu as un nombre de consos a prendre dans chaque bar et que tu dois cocher celles que t’as prises.
Et on va de bar en bar comme ca jusqu’a 10h30.
Et la, deuxieme interrogation pour le petit francais avec sa petite vessie : « comment se fait il qu’ils n’aillent jamais aux toilettes avec toute la biere qu’ils avalent ? »

10h30-11h00 p.m. (quand ils sont bourres, ils ne sont plus aussi ponctuels) : deux options se presentent alors, si c’est un Vendredi, c’est pas tres different de nous, les freshers (premiere annee) vont a la soiree organisee a la fac et les autres en boite.
Mais si c’est un Mercredi, c’est la nuit de l’A.U. (traduire A.S.) et tous les clubs de sport de la fac vont au meme endroit : le mythique Jester’s. Ce lieu qui ne plait generalement pas aux filles a cause de son cote insalubre a des airs d’un foyer que je connaissais bien, avec une petite variante, sa partie exterieure avce barbecue et fish and Chips (j’allais les oublier, vous pouvez rajouter une pause Fish and Chips ou paquet de chips toutes les demi-heures) .
Troisieme question alors : « comment se fait il qu’ils soient pas tous obeses (meme s’il y en a quand meme pas mal) ? »
Reponse : c’est parce qu’ils boivent du coca light. Le rapport ? aucun, mais ca me faisait mal de me dire que c’etait physiologique (apres tout, pourquoi pas moi ?)

Et tout ca finit a 2h00 a.m. , fermeture de tout lieu de vie en angleterre. Vous me direz, c’est pas plus con, parce qu’apres ca, on a deja assez de mal a se lever le lendemain.

Bilan de la soiree : Mal de tete et 500 balles en moins mais qu’est-ce que c’etait bien, on recommence demain ?


Faire du rugby à l’ENGEES…

Toulousaine de cœur, j’espérais bien pouvoir enfin trouver une équipe de rugby féminine en intégrant une école d’ingénieur. C’est un des rares endroits où on ne se prend pas la tête, on est toutes là pour jouer et surtout, et avant tout, s’amuser ; la plupart des rugby–girls font leurs premiers pas dans la boue dans une école : quand tout le monde débute, on a moins de complexes.
Dans le bus de retour de La Planée, nous en parlons, je trouve même trois charmants jeunes hommes, qui préfèrent garder l’anonymat vu la gravité du récit, qui en arrivent à me dire : « et même si tu ne trouves pas assez de filles pour jouer, tu viendras t’amuser avec nous aux entraînements. ». C’est donc très motivées qu’Anne, Nathalie et moi-même nous présentons à la réunion rugby, préparation de la saison à venir. Ils discutent entre-eux. Pendant ce temps, Emeric nous explique que si vraiment on reste que trois, on pourra toujours essayer de s’arranger avec l’ECPM pour profiter de leurs entraînements et même, si ça se passe bien, gonfler leurs effectifs. Le responsable de l’époque se rend alors compte qu’il y a trois filles au fond de la salle. « Et vous, vous êtes là pour quoi ? ». Chute libre. Visiblement, chez lui, et pourtant c’est presque chez moi, les filles ne jouent pas au rugby.
Six mois passent.
Au détour du bar du foyer, lors d’une pause, je croise Reno qui me demande si je suis toujours motivée pour le rugby, pour un tournoi, fin avril, à Paris : les Ovalies. Le machine repart. Petit mail qui a plus de succès que le précédent : quelques filles sont nouvellement motivées, d’autres le deviennent en voyant l’engouement que ça provoque chez les premières, d’autre le deviendront plus tardivement en entendant parler des premiers entraînements. Reno, dans sa proposition, incluait la direction d’un entraînement régulier. Olive me supplie pour lui aussi nous entraîner. Deux entraîneurs, on n’avait même pas osé en rêver.
Résultat : on a beaucoup appris aux Ovalies (voir « premiers pas dans la boue », GV n°6), on a perdu en demi-finale contre l’ENSAT aux Interagros après deux matches de poule extraordinaires : un grand merci aux supporters qui ont fini par croire en nous. Pourvu que ça dure.

Pour l’AS, Aude.


Jazz and Swing

Programme des réjouissances

Cette petite rubrique du jazz vous informe que le festival de jazz de Strasbourg et sa région (le Jazz d’or) aura lieu du 10 au 24 novembre. Voici donc un petit aperçu des concerts :

Vendredi 10
• 18h00 : concert gratuit de Didier Petit (violoncelle) au musée d’art moderne, que j’irai sûrement voir
• 20h30 : soirée Willem Breuker (avec en première partie l’ensemble du conservatoire de Strasbourg et en fin le "kollektief" du dénommé ci dessus) au Pôle Sud
Samedi 11
• 20h30 : Jean Michel Pilc trio puis Enrico Pieranunzi trio au Pôle Sud (encore un concert qui vaudra le déplacement)
Dimanche 12
• 17h00 : Gaâda : le Diwane de Béchar à l’Albatros (Lingolsheim) : une soirée ambiance du Maghreb en perspective
Mardi 14
• 18h00 : Han Bennink et Misha Mengelberg au musée d’art moderne
• 20h30 : David Linx / Diedrik Wissels à l’espace Athic, Obernai
• 20h30 : André Minvielle "Chants Manifhestes" au TJP pont saint Martin, Strasbourg
• 22h00 : Teofilo Chantre au TJP pont Saint Martin, Strasbourg
Mercredi 15
• 18h00 : concert gratuit au musée d’art moderne de Bernard Struber Jazztet "Chants de liberté" (je pense y aller aussi)
• 20h30 : Paul Motian trio 2000 au Point d’Eau à Ostwald
• 22h00 : André Minvielle "Atelier vocalchimiste" au TJP pont Saint Martin, Strasbourg
Jeudi 16
• 18h00 : concert gratuit de Zakarya au TJP pont Saint Martin, Strasbourg
• 20h30 : Henri Texier et Jean Louis Bertucelli pour une rencontre ciné/concert à l’Illiade à Illkirch avec projection du film "Remparts d’argile" et musique live : ça peut être sympa…
• 22h00 : Gaâda : le Diwane de Béchar au TJP pont Saint Martin, Strasbourg
Vendredi 17
• 18h00 : concert gratuit de Virage au TJP pont Saint Martin, Strasbourg
• 20h30 : "Font Page" au MAC de Bischwiller
• 22h00 : Gaâda : le Diwane de Béchar au TJP pont Saint Martin, Strasbourg
Samedi 18
• 18h00 : concert gratuit des "Têtes d’affiche" au TJP pont Saint Martin, Strasbourg
• 20h30 : accents d’exil, partition du Maghreb au centre socioculturel de Cronenbourg
• 20h30 : Rolf Römer / Bill Dobbins quartet au jazzclub d’Offenbourg
• 22h00 : Another Trio au TJP pont Saint Martin, Strasbourg
Dimanche 19
• 17h00 : Yengi Yol, musiques d’Asie Centrale à l’Escale de Strasbourg (intéressant…)
Mardi 21
• 20h30 : Nils Petter Molvaer au Cheval Blanc à Schiltigheim : un très bon concert en perspective
• 22h00 : Glod/Schumacher/Lirola/Vandevenne " au TJP pont Saint Martin, Strasbourg
Mercredi 22
• 20h30 : Antonio Farao Trio "Black inside" au Cheval Blanc à Schiltigheim
• 22h00 : L’Hijâz’Car au TJP pont Saint Martin, Strasbourg
Jeudi 23
• 20h30 : Bill Carrothers trio au Cheval Blanc à Schiltigheim
• 22h00 : de Tachkent à Séville au TJP pont Saint Martin, Strasbourg : flamenco en perspective…
Vendredi 24
• 20h30 : jazz d’or en fête avec Moriba Koïta (Mali) puis Cheikha Rimitti (Algérie) : pour finir en beauté…

Voilà un programme comme je les aime, car il rend bien compte de la variété d’artistes que le jazz rassemble… Je me suis permis de mettre en italique les concerts où j’irai sûrement à titre d’information… Du point de vue pratique, on devrait pouvoir avoir accès aux places à 25F avec la carte culture et le club spectacle qui se chargera de quelques concerts (vous serez prévenus à temps…). Si vous voulez de plus amples informations, n’hésitez pas à me contacter ou à faucher un programme plus détaillé…
PS : pour ceux que ça intéresse, je tiens à leur disposition la 3e partie de l’histoire du jazz en 10 CD que le Grand Vicaire a censuré (involontairement je l’espère…)
PPS : à noter aussi le concert de Dave Douglas au Pôle Sud le 20 octobre pour ceux qui restent à Strasbourg (pour leur séminaire ou autres)

Paul


La prochaine fois, je m’arrête de respirer Et je deviens tout rouge…

Deux petits coups de gueule qui ont pour but de faire avancer les choses :

1.Mode d emploi de l’admission sur titre

Pour ceux qui ne l’ont pas vécu, voici comment se déroule ce concours. En plus du concours C, les admis sur titres ont passé le concours de l’ENGEES dans des conditions assez particulières :
La seule information mise à leur disposition était la date des écrits ;
-  Pas de plan de Strasbourg
-  Pas de contacts pour un logement possible (en période de meeting européen, c’est pas évident)
-  Surtout, pas la moindre information sur le contenu des épreuves. L’intitulé disait : « Math et physique ». Après une demi-douzaine de coups de fil, la seule réponse que j’ai eu était :
« Ca peut contenir tout, du programme de Lycée, de toutes les formations BAC+2 admissibles à l’ENGEES, du programme de prépa post-BTS/DUT, et p’têt même plus sur canal plus… »
Le programme étant un peu vaste (tout de la maternelle au lycée, ça fait beaucoup), j’ai effectué de grandes révisions parfaitement inutiles puisque les épreuves n’avaient rien à voir avec le BTS. Quant au nombre de places, il n’a été communiqué que par les rumeurs. Les résultats furent donnés 15 jours après les épreuves, m’obligeant ainsi à passer les ENSA dont je n’avais que faire (coût du contre temps : entre 500 et 1000 francs) et repoussant la recherche d’un logement correct sur Strasbg.
Amusant aussi : s’entendre répéter par tous (l’administration en particulier) que les admis sur titres sont les fonds de cuve de l’ENGEES. Certes, nous n’avons pas le niveau dans les matières scientifiques, mais nous le faire remarquer une ou deux fois aurait été suffisant.

2. A TOUS

Il serait de bon ton de ne pas trop critiquer les projets auxquels on ne participe pas. Ceux qui les ont mis en place ont dépensé temps et énergie. Par pitié, faites preuve de diplomatie et de sympathie avant de leur dire "c’était à chier". Après tout, chacun a le droit de filer un coup de main ou de proposer ses idées.
Organiser quelque chose, c’est gagner le droit de le critiquer sauvagement.

 (Zitoune - NDR)


LES MOTS CROISES DE L’ENGEES

I II III IV V VI VII VIII IX
1

2

3

4

5

6

7

8

9

HORIZONTALEMENT :

  1. Rebondissement
  2. Lieu d’apprentissage – Avoir conjugué
  3. M’évanouirai (me)
  4. Groix - Môme
  5. Théâtre japonais – Oligochète - Négation
  6. Manques d’activités
  7. Point cardinal – Union européenne - Extraterrestre
  8. Pénètre
  9. Il permet d’ouvrir les yeux - Article

VERTICALEMENT :

I. On y vend de la nature

II. Enoisons

III. Ville - Créature

IV. Madère par exemple – En vrille

V. Comme un certain mouvement

VI. Léger

VII. Utile durant l’hiver – Durent quatre heures

VIII. A la mode – Intercale

IX. Décapite – Possessif

Nanou


Pourquoi ?

Réveillé par les délirants animateurs de France Info chaque matin, j’entends (après une hilarité certaine due à leur folle joie de vivre) des nouvelles du monde qui me renvoie toujours dans la gueule cette question :
Pourquoi ?
Pourquoi, bordel de merde, des abrutis de tout poils passent-ils toute leur énergie à se tarter la gueule toute la Sainte (c’est le cas de le dire) Journée ? Aujourd’hui la Palestine. Hier, le Kosovo, la Tchetchénie. Avant-hier, le Rwanda, la Sierra Léone, le Pakistan, la Corée, l’Ethiopie, la Bosnie, la Croatie, le Golfe…

Comment peut-on tuer son prochain ? Spécialement au nom de dieu ! Notre société artificielle a-t-elle réveillé chez certains, par un effet de rejet, la pulsion animale préhistorique qui le pousse à chasser le mâle adverse pour conquérir son territoire ? De deux choses l’une :
Ou ils ne sont pas humains, ou c’est moi qui ne le suis pas. La seconde solution semble plus probable à bien y regarder. En effet, ils sont plus nombreux que moi (ça, oui… forcément !) et surtout, ils ont toujours existé. Bien avant le « monde mondial », bien avant les inégalités de développement ; à vrai dire avant même l’apparition du langage.

L’humanité doit-elle baisser les bras ? On peut douter qu’il soit encore possible de changer l’homme après 10 000 ans de tentatives infructueuses. Combat perdu d’avance ?… Pourtant, je suis encore révolté. Pourtant, je refuse de baisser les bras. Pourtant, on doit encore tout faire ; même si ça ne change rien, parce que ça change tout.

Vous avez tous et toutes le pouvoir de démontrer autour de vous que seules la patience, la tolérance, et la paix (trois mots féminins, c’est à noter) peuvent stopper les effusions de douleur. Vous avez tous le pouvoir de gueuler, de vous aimer, d’ouvrir les yeux. La paix ne se décidera jamais par des traités entre chefs d’état (ou de pseudo-état). La paix se décide ensemble, et ce n’est pas parce qu’on est en France, que l’on doit se sentir impuissant ou pas concerné.

Le monde est aujourd’hui notre pays. Tous les humains sont devenus nos compatriotes (même si ce mot est pour moi infecte). A chaque innocent châtié, c’est une insulte de plus qu’on t’envoie à la face, à toi, humain, et c’est un de tes proches qui paie.
Parce qu’il suffit de parler, de sourire, et surtout, d’écouter, VOUS AVEZ TOUS LE POUVOIR.

 (Zitoune - NDR)


Dans un jardin secret au commun des mortels,
Où l’hiver à l’été succède brusquement,
Pousse un fruit singulier, quasi accidentel,
Qui brûle d’un baiser et gèle d’un tourment.

J’espère que tu sens ses couleurs qui transpercent,
Et que tu vois surtout la chaleur qui l’entoure.
Je voudrais que tu touches à sa saveur perverse,
Et que tu puisses entendre l’odeur de ses atours.

Sans cesse en ta présence, il se gonfle de vents,
S’affole de lumières pourtant imaginaires.
De tous tes assidus il est le plus fervent.
C’est un fils de l’espoir, il croit en sa chimère.

Il faudrait que tu gouttes à ce met de velours,
Qui, semé par tes soins, a pris forme en mon sein
Et pousse sous tes yeux mystérieusement sourds
A ces plaintes cruelles, à son plus cher dessein.

L’hiver inéluctable s’acharne à le flétrir :
Ce fruit qui trop attend peut ne pas rester tendre.
Jardinière légère, il est temps de cueillir.
Mon cœur est mûr à point, ne le fais plus attendre.


Un Rendez-Vous Manqué

CHAPITRE DEUX : NAAK

Naâk entendit un cri caractéristique et poussa un soupir de lassitude. Qu’est-ce qui lui avait pris de faire sortir Schnflll ? Tout de même, il s’était dit qu’aller chercher des champignons dans la forêt en plein après-midi ne pouvait pas être dangereux. Et puis, un apprenti était censé, en plus de nettoyer l’antre du sorcier, aller chercher certaines composantes de sortilèges. Vu sa réaction face à la moindre bouteille de liqueur de groseille, il aurait dû prévoir le pire.
Naâk reposa le grimoire qu’il était en train d’étudier et réprima un frisson de dégoût. Il allait devoir sortir. Péniblement, il se mit debout et franchit la porte de sa chaumière d’une démarche légèrement raide.
Un coup d’œil général autour de lui lui apprit qu’il n’y avait pas plus de Schnflll dans les environs que de sens civique chez les Procsh . Quoique. Dans le domaine de la recherche de lieux où se cacher, Schnflll était incomparable. Il avait même une fois réussi à se cacher derrière un pied du tabouret de cuisine.
Naâk lança un « Schnflll » sans trop grand espoir et, effectivement, seul le vent lui répondit. Il entreprit alors de fouiller les environs. Ce n’est pas qu’il tenait à Schnflll, non. D’ailleurs, il n’appréciait pas davantage les Glbles d’une manière générale. C’était simplement que les Glbles connaissaient le marais mieux que quiconque, et pas mal de créatures bizarres vivaient dans les marais, et Naâk s’intéressait beaucoup aux bêtes bizarres. D’une part parce que les bêtes bizarres sont souvent nécessaires dans les composantes de sorts . D’autre part parce quand on va chercher ces composantes, il y a toujours d’autres bestioles bizarres qui ont un petit creux.
Et comme les Glbles lui avaient fait clairement comprendre que s’il ne prenait pas Schnflll comme apprenti, leurs relations risquaient de se refroidir considérablement, Naâk n’eut pas d’autre choix que de devoir passer constamment sa journée avec un Glbl mort de trouille toutes les cinq minutes, et qui poussait des gémissements constants. Et qui, par-dessus tout, était laid. Voir un Glble et s’extasier sur sa beauté était aussi difficile, sinon plus, que de vouloir spontanément caresser un lion en train de vous foncer dessus toute gueule béante.
La première chose à laquelle on pensait en tentant de décrire un Glbl était « gelée ». En effet, les Glbles avaient l’impression de sans cesse couler. Leur peau était verte, recouverte d’écailles, mais celles-ci avaient toujours l’impression de glisser vers le bas pour s’étaler en une flaque. Cette illusion d’optique était aggravée par le fait que leur corps massif était en forme de cône, avec une tête posée directement sur les épaules, et plus on descendait, plus le corps devenait important, gros. Mais cette masse ne reposait pas sur le sol, car il en sortait deux pattes semblant grêle par rapport au reste du corps, mais robustes, capables de briser une jambe d’un coup de pied.
Un jour, Naâk avait entendu dans une taverne que si les Glbles avaient l’impression de couler, c’était parce qu’ils coulaient réellement, mais qu’il y avait un système à contre-courant à l’intérieur du corps qui compensait les pertes. La personne soit disant experte en Glbles avait ensuite cuvé son vin jusqu’au petit matin après que l’aubergiste eut refusé de le servir à nouveau.
Toujours était-il qu’un maître était responsable de son apprenti, et que Naâk allait devoir se déplacer pour le retrouver. Il espéra simplement que Schnflll n’avait pas couru trop loin.

Explications (NDR)
- Les Procsh sont des animaux solitaires. Plus que ça, ils exècrent la vue d’un autre Procsh, à tel point que la reproduction de la race reste un mystère. Pour essayer de lever ce problème, les scientifiques ont tenté une expérience (C’est joueur, un scientifique) : mettre un Procsh en face de son reflet. Immédiatement, celui-ci passe à l’attaque et lacère le miroir avec une haine que trois millions d’années d’évolution n’ont pas pu affaiblir. L’inconvénient, c’est que c’est souvent le reflet qui gagne
Ces composantes en elles-mêmes n’ont pas de rôles essentiels dans le sortilège. Elles ont juste pour but de limiter l’usage de la magie. Sinon, n’importe qui serait capable d’invoquer des démons majeurs à tout bout de champ.
Le lion est un mammifère qui vit dans la savane et…euh… vous connaissiez déjà ? -

Il n’eut pas à chercher longtemps. Très vite, il aperçut dans le sol des traces assez profondes et floues, prouvant que quelqu’un avait, il n’y avait pas longtemps, tourné les talons précipitamment. D’une part parce que personne n’était passé dans le coin depuis deux semaines, d’autre part parce que cette réaction était typique, il sut qu’il s’agissait de Schnflll.
Il suivit les traces qui repartaient dans l’autre sens. Elles furent bientôt recouvertes par une grosse marque de forme conique, elle-même située au pied d’un arbre portant une trace de choc évidente.
Jusque là, le scénario n’était pas très dur à reconstituer. Le problème était que le corps de Schnflll n’était plus là et qu’il n’y avait pas d’autres traces.
Naâk poussa ce qui devait être le treizième soupir de la matinée et se pencha pour examiner la trace du corps de plus près. La trace sur le sol était bien nette. Il était donc exclu que Schnflll ait bougé avant de disparaître.
Naâk retourna dans sa chaumière, prit deux-trois ingrédients et revint à l’endroit du drame. Il macéra ensuite quelques plantes, grommela des syllabes incohérentes et jeta la préparation sur le sol. Puis, levant les bras vers le ciel , il prononça la dernière syllabe du sortilège.
Aussitôt, une petite brume apparut devant l’arbre et se lissa pour devenir une sorte de miroir. Des ombres bougèrent à la surface, et bientôt, Naâk put admirer la scène qui s’était déroulée peu de temps auparavant.
Au début, il ne vit que l’arbre. Puis, une grande masse conique courant à vive allure traversa l’écran et vient se fracasser contre l’obstacle pour atterrir sur le sol. Il resta allongé un certain temps, puis disparut.
Naâk revint en arrière et fit avancer le film image par image. Alors, pendant une fraction de seconde, il vit apparaître une silhouette humanoïde en forme de rapace. L’instant d’après il avait disparu, et Schnflll aussi.
Naâk soupira de nouveau . Une petite visite chez les Fêz s’imposait.

A suivre…

J.-P. GRIDENANT

Explications2 (NDR)
- Mais je ne les ai pas tous écrits.
Ce n’est pas que lever les bras au ciel ait un quelconque rapport avec l’incantation, c’est simplement qu’une robe de sorcier est toujours trop ample, et qu’il faut faire des grands mouvements pour se dégager les mains de ces *%°§# de manches.
Donc, pour la quatorzième fois.-


Salles obscures

Yi-Yi

L’histoire en 10 mots : Les déboires de la famille Jiang et de leurs proches.
Comme toujours dans le cinéma asiatique (du moins dans les films où l’action n’est pas le motif principal), on assiste à une description de personnages dans leur vie quotidienne.
Pas de fiction, pas de trame réelle à l’histoire. La durée du film correspond simplement à la durée du coma de la grand-mère. Les situations sont toutes celles qui pourraient nous affecter, selon notre âge, notre sexe et notre activité.
On notera ici que les plans ne sont jamais inférieurs à 20 secondes, ce qui augmente encore plus la sensation de calme distillée par Edward Yang. Mais surtout, c’est la mise en scène qui produit une atmosphère toute particulière, puisque tous les personnages de la famille sont en fait l’interprétation de la même personne. Et les parallélismes entre eux sont particulièrement bien réussis, notamment, par exemple, la scène où N.J. revit son amour d’enfance tandis que Ting-Ting découvre le sien.
Yi-Yi est également une critique de la société et de son souci de l’apparence plutôt que de l’ « être ». Ainsi, les personnages, sans cesses obnubilés par leur réussite professionnelle et l’idée qu’ils doivent donner d’eux finissent par avoir des « oublis », dont le plus tragique est celui provoquant le coma de la grand-mère. Le seul à ne pas se préoccuper de l’accessoire et à s’inquiéter de l’essentiel est Yang-Yang, qui représente N.J. avant qu’il ne soit contaminé par la société, et qui est finalement le plus adulte de tous.
Un film qui aide à réfléchir sur soi et à apprécier la vie de tous les jours.

L’affaire Marcorelle

L’histoire en 18 mots : François Marcorelle, juge d’instruction, rêve fréquemment d’être accusé de crimes imaginaires, jusqu’au jour où la réalité le rattrape.
Le problème de Marcorelle provient de ses idéaux marxistes étant jeunes et qu’il a rangé au placard avec l’ascension dans la société. Tous ces gens qu’il juge et emprisonne, c’est un peu sa jeunesse qu’il condamne en même temps. Ses fantasmes sont donc la négation de ce qu’il est devenu, et ce par un moyen expéditif : le meurtre.
Serge Lepéron mêle adroitement dans cette histoire la fiction, les films d’horreur et la réalité. On est directement confronté à l’univers de Marcorelle, qui est le doute constant et le mélange de la fiction dans la réalité. A noter le très beau parallèle entre les scènes quotidiennes de son travail et des séquences de film d’horreur, symbolique de l’horreur qu’est devenu pour lui son métier.
Musicalement, Antoine Duhamel a créé une musique dissonante, selon le même travail que David Sinclair Witaker dans Harry, un ami qui vous veut du bien. Par contre, la musique est peu développée, et son rôle est assez réduit, si ce n’est dans les séquences de fiction.
Un film légèrement surprenant, qui mélange plusieurs genres et entraîne le spectateur dans différentes directions sans vraiment le prévenir à l’avance.

Les rivières pourpres

L’histoire en 10 mots : Deux inspecteurs enquêtent sur des cas de mutilations et meurtres.
Mathieu Kassovitz quitte son domaine social pour se lancer dans la fiction pure, c’est à dire sans aucun but dénonciateur par derrière. Il ne cherche même pas à jouer sur un éventuel conflit de génération entre à un commissaire âgé, respecté et un inspecteur plus "jeunot".
L’intrigue est bien montée, les personnages et les dialogues sont bien réussis et cohérents. Il ne reste qu’un arrière goût de confusion dans des explications rapides et occultant certains points.
Quant à la mise en scène, Kassovitz s’amuse à nous faire des plans zarb’, allant jusqu’à faire du style gratuit. Mais on peut rapprocher cette tendance avec l’utilisation kitchissime des éclairs au bon moment, et d’autres plaisanteries cinématographiques (par exemple, la scène du combat avec les skins).
Musicalement, Bruno Coulais s’est amusé lui aussi, en en rajoutant encore plus dans le bizarre, les morceaux laissant planer le doute et les cuivres s’en donnant à cœur joie. Bref, un style plus proche du film d’aventure horrifique que du policier.
Le constat est clair, on s’amuse ! Heureusement, Kassovitz a réussi à entraîner le spectateur dans son film, ce qui en fait un bon film distrayant.

Space Cowboys

L’histoire en 37 mots : Un vieux satellite russe tombe en panne et son système de programmation est obsolète. Il faut donc aller demander au concepteur du programme d’aller le réparer, mais celui-ci et son équipe son aussi vieux que le satellite.
Même si l’on passe par tous les éléments classiques de ce genre de films, on assiste ici à une parodie. Clint Eastwood n’est plus tout jeune, et au lieu de s’assagir, il remet en scène le type de films qui l’ont fait connaître, en jouant et sur le film, et sur les interprètes.
On assiste donc à la lutte entre le bon qui sait tout et le « méchant » qui croit tout savoir, dans une logique hollywoodienne bien ancrée. C’est d’ailleurs le point faible du film. S’il est amusant de voir des grands enfants se croire les pionniers de l’espace, cela l’est moins lorsqu’ils sauvent pour la énième fois la Terre avec un sacrifice en plus.
Quoi qu’il en soit, et quoi qu’on trouve à redire, Eastwood n’est pas n’importe quel réalisateur et ses images sont toujours aussi belles, et sa maîtrise est toujours là.
On retrouve également les ingrédients des films d’Eastwood à travers Lennie Niehaus, fidèle collaborateur musical. Celui-ci ressort une musique nostalgique, sans doute afin d’évoquer les premiers films d’Eastwood, sur un mode ressemblant assez à Impitoyable.


LE GRAND IMMAM ou Le Jura en Tunisie

S
allame et les coummes !
Dur dur d’être journaliste au grand Vicaire : non content d’avoir participé à un magnifique voyage en Tunisie, encore faut-il que je m’attache à relater tout ça dans un dossier spécial sur le séjour.
Heureusement, je n’étais pas seul à vouloir vous faire partager quelques bons moments vécus pendant cette semaine de feu (du 22 au 29 septembre). Embarquement immédiat pour le vol Tunisair 2000…

Dossier préparé par J.J. (avec de l’aide…)

LEXIQUE

Pour se mettre dans le hammam, voici une petite liste de termes couramment utilisées pendant la semaine.

Heure tunisienne : Notion approximative de mesure du temps. Compter environ 2H30 par heure tunisienne (indication non garantie).

Raï : Type musical. S’écoute très fort et se danse en utilisant des muscles inconnus de la plupart des européens. Il n’est pas rare de voir deux garçons danser ensemble en se prenant les mains et en pratiquant des gestuelles suggestives.

Gazelle : Traduction de « jolie fille ». La gazelle est appréciée des Tunisiens qui n’hésitent pas à se mettre à plusieurs pour l’approcher. Une gazelle peut se négocier en chameaux.

Legmi : Boisson alcoolisée. A consommer sans modération pour ceux qui le peuvent. Réputé puissant laxatif.

Celtia : Boisson alcoolisée se rapprochant vaguement de la bière. A boire tiède, dans un bus au milieu du désert.

Eau : Boisson. A consommer avec modération sous l’appellation « robinet ». Réputé puissant laxatif.

Ali : Chauffeur et maître du klaxon. Ce n’est pas parce qu’il a 25 personnes derrière-lui qu’il va rouler doucement et s’abstenir de fumer et boire du legmi.

Roots : Bah…c’est roots !

IRA : Institut des Régions Arides. Situé à 1H de route de Djerba.

Eugène : Juke box et machine à blague. Démarrage très facile. Difficile à arrêter une fois qu’il a été mis en route.

Barbe : Signe distinctif masculin. Permet aisément de ne pas être confondu avec les gazelles.

Isuzu : Spécialité locale. Sorte de camionnette pick-up pouvant servir à transporter des carottes, des moutons, des mobylettes, des personnes ou toute autre chose utile.

Wookie : Awaaagaeuuwiiiigroooarrrrgh !

Souk : Lieu de rencontres. Tout le monde y est ton ami. Surtout si tu lui achète quelque chose. Et c’est pas cher, moins cher que gratuit !

Jura : Promo pluvieuse… Même dans le désert !

Sanitaires : Lieux un peu bizarres. Les toilettes ressemblent aux nôtres, mais sans la chasse d’eau. Les douches ressemblent aux toilettes, mais avec une chasse d’eau à deux mètres au-dessus de vous.

Viande : Forme dure et marron ressemblant à s’y méprendre à une semelle. A ne pas confondre toutefois.

Méchouia : Petite « ratatouille » fort sympathique. A consommer avec modération, risques de trous dans l’estomac.

Pénélope Beach : Comptoir européen à Djerba. Lieu attirant les touristes en masse. Les sanitaires y sont « à l’européenne ». Ne pas manquer l’élection de Miss Pénélope Beach, à suivre depuis la piscine.

Chicha : Mmmmmh, c’est bon !

Mer : Traduction de « embouchure du réseau d’assainissement ». L’ambiance y est chaude et salée.

Mars : Il n’est pas absurde de fumer des Mars, puisqu’il s’agit des cigarettes locales. Attention, fumer dans un bus nuit à votre entourage.

Désert : Plage géante, sans la mer.

QU’EN DITES-VOUS ? (IMPRESSIONS DE TUNISIE…)

Voici un petit florilège de ce que chacun a pu retenir de son séjour.

Propos recueillis (et tapés) par Julie

"Si je ne devais retenir qu’une chose de la Tunisie, j’en retiendrais deux :
la route interminable pointant vers l’horizon, bordée par le désert de cailloux et au fond, là-bas, les montagnes ; et bien sûr notre cher Ali, pilote de renommée nationale, que je retournerai certainement voir avec une bonne bouteille de whisky. Les soirées avec Ali, c’est une bonne tranche de rigolade !"- Fred

"Le meilleur souvenir de ce voyage d’études en Tunisie… Si possible en pas trop long… Et pour le Grand Vicaire… Mais c’est MI2000, too much root !
Somme toute, il est global et mélangé ce meilleur souvenir : l’œil vif, la démarche souple et l’esprit alerte des gazelles ; l’assurance de savoir enfin compter jusqu’à 21 ; le charme hypoglycémique des oasis, la fureur du mitraillage photographique, l’exaspération du marchandage dans les souks colorés, la douce senteur du steak de soja, le glauque hammam et son viril bourreau ; chanter faux mais en chœur, choisir entre le bar et le café, se jeter à l’eau ; Hichem, Ali et Béchir ; le subtil parfum du jasmin et de la fleur d’oranger à la tombée du jour, le sable fin de Kébili et un humour pas toujours aussi fin ; le micro-bus de Mograne, les nuits trop courtes, un sensuel chaloupement, gazelles et des gazous confondus, sur des rythmes orientaux ; le legmi pas frais, les cadavres qui jonchent le plancher du bus, une gorgée de thé à la menthe ; et tout le reste, avec un derbouka du tonnerre et une pêche d’enfer…
Et puis surtout un grand dépaysement et de l’inattendu. Un seul exemple cette fois : il faut aller aux portes du désert pour les voir gaillardement explorer le patrimoine de la chanson française de quand ils étaient même pas nés ou à peine. Ils iront plus loin.
J’ai pris grand plaisir à être de la partie."- Eugène Weber

"Franchement, le dromadaire qui avait la bougeotte au milieu du désert me laissera un souvenir irremplaçable. Non, il ne me regardait pas, il se grattait le cou, soulevait la patte arrière gauche de façon imprévisible, mais finalement on s’est quand même dit au revoir en restant bons copains." – Gaëlle

"Le plus mémorable, à mon avis, c’est la vue : des paysages magnifiques et inattendus, comme si nous étions en train de feuilleter un catalogue d’agences de voyages" – Anne

"Pour Marlène, ce voyage a été illuminé par la présence d’Eugène, et sa façon de poser sa tête sur son épaule, pour un repos de quelques instants "– Claire, retranscrivant fidèlement les dires de Marlène.

"J’ai particulièrement apprécié le côté « roots » du voyage, c’est-à-dire la découverte du quotidien tunisien : le respect strict des horaires, la propreté impeccable des sanitaires…A bas les clubs Med et autres hôtels Pénélope ! A bas les lieux (soi-disant) paradisiaques en carton-pâte ! La Tunisie, la vraie, celle que nous avons réussi à approcher au cours de ce voyage, est belle et sympathique !" – Claire, pour son propre compte cette-fois.

"L’accueil plus que direct des femmes tunisiennes dans leur eau croupissante du Hammam, le sable tout doux, tout fin à perte de vue, le commerçant tunisien : quel beau parleur !" – Marie-Liesse

"Ce qui m’a le plus impressionné, c’est, après avoir parcouru plusieurs dizaines de km sur de longues lignes droites au cœur du désert, de découvrir soudain un petit oasis, quelques palmiers autour d’une source fraîche...Quel dépaysement !" – Jean-Michel

"Le massage énergique tunisien proche de son cousin turc, les chansons dans ce petit bus convivial avec Eugène, chef d’orchestre, le robinet des douches que j’étais le seul à pouvoir tourner sans escalader, le sable chaud, les palmiers, la brique « spécialité culinaire », la mer chaude...Bref, la Tunisie !" – Manu

"Je ne vais peut-être pas être original, mais ce qui reste le plus marquant, c’est le bus ! Pour y avoir passé des heures à chanter, danser, rire, dormir, regarder l’immensité du désert... Pour Ali, son chauffeur, qui n’a pas hésité à doubler toute une file d’attente pour prendre le bac avant les autres (sans succès malheureusement). Spéciale dédicace aux sandwichs-poulet-tomate-oeuf-pomme ! "– JJ

"Les paysages « grisant », les mini-cats... – Elodie, qui est partie en stage de terrain pour son DEA, avant d’avoir terminé de nous donner ses impressions

"Le soir, après une journée dans le désert, vide et chaud, la magie commence : Ali nous emmène sur son tapis magique et nous voilà au palais des milles et une nuit. Sheherazade et Simbad sont là, le vent est frais, les étoiles brillent, le thé à la menthe sous les palmiers est savoureux (sans parler de la chicha), les conversations sont tamisées...Et le lendemain au réveil, le désert est de nouveau là. Je vous le dis : la Tunisie est un pays magique." – Mumu

"Impossible de choisir, alors en vrac :
accueil, hammam, soleil, désert, rocaille, palmier, soirées, piscines, plages, étudiants sympas, couscous, chicha, oasis, petits vieux adossés l’un contre l’autre faisant la sieste au bord de la route, salem, Ali, le bus, legmi, souk, direkt, thé à la menthe, tchatche, tajjin, brik, makroud, maisons blanches et portes bleues..." – Sylvie

"La Tunisie : bleu, jaune, ocre et des petites taches de vert..." – Marlène, en personne.

"Des gazelles, des gazelles, encore des gazelles !" – Momo

"Comment oublier l’accueil TRES chaleureux ( !) des étudiants de l’ESIER et leur entêtement à nous apprendre le déhanchement des danses arabes ! Mais, à ces gars pas assez timides, j’ai préféré les tunisiennes rencontrées au hammam, grâce auxquelles nous sommes ressorties propres comme jamais " – Vivi

"Quand arrêteront-ils d’être faux ? :
- Ils m’avaient promis une mer transparente, pleine de bancs de poisons et de coquillages. Résultat, nous nous sommes baignés tout près des égouts.
- Quand arrêteront-ils de m’appeler "gazelle", de me prendre la main pour que je mate leur stand, de me passer le bras autour du cou et de s’approcher à 10 cm pour me parler.
Là-bas, c’est Noël tout les jours, les arbres sont décorés de sacs plastique noirs, les décharges sont partout. Beaucoup de progrès à faire en matière d’environnement.
En lisant cela, vous vous direz peut-être que je n’ai pas apprécié ce séjour : TOUT FAUX ! J’ai ADORE ! Et j’ai pris conscience de réalités, mauvaises, et bonnes bien sûr :
- les paysages du désert avec ses oasis sont inoubliables
- les personnages les plus sympathiques sont les ânes et les dromadaires
- le marchandage est un sport de haut niveau, impraticable en France, il faut en profiter un max là-bas." – Coralie

"Impossible de ne pas citer le souk et le temps passé à marchander pour la moindre petite babiole, et surtout le sens du contact des tunisiens qui est incontestablement omniprésent..." – Aline

"Calé au fond du bus, derrière moi un empilement instable et menaçant de valises, sacs et autres bagages. Tout droit devant, le ruban noir de l’asphalte se déroule vers nulle part, coupant en deux l’immensité blanche et désolée du désert, qui s’étale sous nos yeux. On distingue au loin, à travers l’aire troublée par la poussière et la chaleur, d’improbables montagnes. De l’avant du bus me parvient une Celtia bien fraîche. A droite, sur les rails solitaires qui longent la route, un train sombre que j’imagine chargé de quelque minerai s’étire lentement..." – RV, qui se l’est « joué lyrique »

"Il y a quelques jours, pour moi, la Tunisie, c’était le Hammam, son atmosphère si chaleureuse et un peu mystérieuse...Aujourd’hui, avec un peu de recul, la Tunisie m’est restée comme un pays de contraste :
contraste de couleurs (bleu, jaune, rouge, vert)
contraste géographique (différence entre la végétation du nord et du sud)
... de mentalité (c’est un pays qui se veut ouvert tout en restant musulman)
de mœurs (c’est un pays touristique, et pourtant certaines villes ressemblent à des poubelles)
contraste des rapports humains (tantôt agressif dans les souks, tantôt chaleureux au hammam notamment)
On répondra sûrement : « Mais la France est aussi un pays de contrastes ! ». Certes. Mais ce pays a suscité en moi un bouleversement, et il m’a fallu une semaine pour m’en remettre. Si on peut s’en remettre..." – Ingrid

"La Tunisie ? Ahhh...Mais c’est la négociation interminable sur les souks, où à les entendre, on ruine les marchands après une ½ heure de discute à l’issue de laquelle le prix est coupé en 4...C’est aussi le hammam, bien sûr, où on vous resculpte un homme en 1 h (et où on laisse de la peau morte). Sur la route (toute la sainte journée), ce qui frappe, c’est ces montagnes qui surgissent de nulle part, vous accompagnent, et s’évanouissent derrière trois palmiers. Et pour finir, bon, en gastronomie ils ont des choses à apprendre, mais faut voir qu’on n’a certainement pas eu la meilleure (...bouffe). La prochaine fois je ramène un tapis ! !" –Claude

"Moi aussi j’ai en tête tout ce qui vient d’être cité et qui a marqué ma vue, mon odorat, mon palais…Mais un de mes meilleurs souvenirs c’est aussi, notre petit groupe (étudiants, chauffeur, Eugène et accompagnateurs tunisiens). C’est le plaisir de partager un tel voyage avec ses amis présents, de rencontrer des tunisiens, de redécouvrir certaines personnes de la promo. Alors moi, autant que des paysages, je retiendrai : Ali et sa "bonne bouille" toujours souriante avec ses yeux rieurs de petit garçon qui va faire une connerie dans les minutes qui suivent ; Momo et sa panoplie du parfait touriste : tongs, bob, appareil photo dernier cri, mitraillant à tout va ; RV et son style d’aventurier appuyé de son expression fétiche "c’est roots" ; Vivi bondissant sur la chaise du réfectoire en poussant de petits cris, alors qu’un énorme scarabée passait sous la table, Marlène faisant la moue devant les plats tunisiens (ben, non y z’ont pas de tartiflettes !) ; la complicité de Lilia et Elodie, qui connaissaient déjà le pays ; Sylvie accro aux direkts ; Fred qui n’y connaît rien, mais t’entraîne dans des raïs de folie ; Manu et sa super pêche…et j’en passe ! Un seul regret : JJ ne nous a pas chanté les Lorientaises… - Julie
(une précision : Julie, tu devais sûrement dormir, mais j’ai chanté les Lorientaises ! – J.J.)

TIENS-TOI TRANQUILLE !

Le monsieur tout fou qui chantait au fond du bus, c’était Eugène Weber notre accompagnateur. La personne sensée nous représenter de manière sérieuse et posée. Nous avons voulu en savoir plus sur ce personnage atypique.

Propos recueillis par Claude et J.J.

Le petit Eugène Weber est né à Vittel en 1964 ; « C’était un mercredi…non un jeudi. Je confonds, car c’est le jour où il n’y avait pas école. ». Après discussions, nous avons pu savoir que c’était le 2 avril : « J’ai évité de faire la farce de naître le 1er ». Il habitait à l’époque à Contrexéville. Ceci nous laisse alors à penser qu’il buvait beaucoup d’eau. « En fait, quand j’étais jeune, on buvait du Pschitt (une boisson que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître) ! ». Après 6 ou 7 déménagements dus à la profession de son père (qui était chef de gare), il se retrouve à Forbach, où il passe un bac C avec brio (16,82 de moyenne). Ensuite, c’est la prépa au lycée Kléber à Strasbourg, où il doit commencer à faire des efforts pour travailler. C’est là qu’il fait deux rencontres qui vont conditionner son avenir : le fils de l’Inspecteur des Etudes de l’époque (qui lui parle des bienfaits de l’ENITRTS) et celle qui deviendra sa femme. Il intègre l’ENITRTS (pour ceux qui ne le sauraient pas, c’est l’ancêtre de l’ENGEES) en 1984 au sein de la promo Châteauroux.

Le Grand Vicaire : Alors, c’était comment la vie de promo à l’époque ?
Eugène Weber : A vrai dire, je ne m’y intéressais pas trop : tous les vendredi après midi, je partais rejoindre mon amie à Besançon. Souvent, on avait cours de machinisme agricole le vendredi (on appelait ça le cours de tracteurs !) et c’était tellement intéressant qu’on se donnait le tour pour pouvoir partir tôt le vendredi. A part ça, il me semble que la vie estudiantine était plus terne, moins dynamique, il y avait moins de filles aussi (au maximum 1/5ème de filles) et nous avions de piètres résultats sportifs comparés aux vôtres.
GV : Tu avais des activités quand même…du théâtre par exemple ?
EW : C’est vrai que j’ai toujours aimé le théâtre et c’est logiquement que je faisais partie de la troupe de l’école. Même en 3A puisque je faisais mon stage à la DDAF de Strasbourg. Je me souviens qu’on a monté une pièce qui devait s’appeler : « Les oiseaux font caca partout »…
GV : … ( ? ? ? ?)
EW : …Je ne sais plus de qui c’était ; c’était peut-être même pas le titre de la pièce.
GV : Ça n’a pas une grande importance. Et la suite alors ?
EW : Et bien ensuite, j’ai été en DDAF du Haut-Rhin, Bas-Rhin et j’ai été affecté à l’ENGEES le 1er janvier 98. Je ne pense pas que j’y resterai des décennies. Je ne me sens pas l’âme d’un chercheur.
GV : Passons au sujet du jour, la Tunisie. Si tu devais retenir un meilleur souvenir et un pire souvenir ce seraient lesquels ?
EW : Le meilleur, je l’ai déjà donné. Le pire, il n’y en a pas eu je pense…peut être le passage de la douane avec les contrôles de police à l’aller, j’ai ressenti comme un malaise. Mais tout s’est très bien passé !
GV : Et si tu devais y retourner, ce serait dans quelles conditions ?
EW : Il vaut mieux que le voyage ne soit pas trop long, 1 à 2 semaines, je pense que c’est suffisant. Je ne choisirais pas de faire du tourisme « idiot » du genre 4X4 dans le désert ou hôtel à Djerba. Le genre baroudeur avec un sac à dos, ce n’est malheureusement plus de mon âge.
GV : Qu’as tu fait de ton tapis ?
EW : Et bien il a trouvé sa place dans mon salon. Il a été adopté par mes chattes, qui aiment faire leurs griffes dessus…elles ont pris une correction et je pense qu’elles ont compris maintenant.
GV : C’était pas trop dur d’avoir la responsabilité d’un groupe de 21 jeunes comme nous ?
EW : Non, en fait c’était intéressant de vous retrouver dans un autre contexte. J’avais quand même un peu de stress de perdre une gazelle ou deux, mais sans toutefois dramatiser, il faut relativiser. En fait, je pense que je n’étais pas considéré comme le prof et j’étais intégré au groupe, avec une étiquette particulière. Si j’ai accepté de vous accompagner, c’est bien sûr parce que j’avais de bons contacts avec la promo. J’avais envie de me faire plaisir, comme vous je pense.
GV : Si tu devais choisir une chanson parmi toutes celles qu’on a chantées dans le bus, ce serait laquelle ?
EW : …
GV : Ou en général, quelle est ta chanson préférée ?
EW : En fait, ce qui m’a vraiment plu et agréablement surpris, ça a été de chanter des airs qui étaient connus par d’autres ; il y a là un vrai patrimoine culturel et des liens inter générations qui me plaisent. Si je devais en choisir une qui n’a pas été chantée dans le bus, parce qu’elle était peut-être trop triste et pas dans son contexte : « Les Passantes » que je trouve magnifique. Sinon « Les Lacs du Connemara » c’était pas mal…
GV : Une petite dernière sur la Tunisie : choisis parmi les trois possibilités suivantes laquelle te serait la plus agréable…
1 être au Hammam en te faisant masser par Ali (notre chauffeur de bus tunisien)
2 dormir une nuit entière sur l’épaule de Marlène
3 Chanter au fond du bus en risquant à chaque nid de poule que 300 kg de sacs te tombent dessus
EW : Eh bien, je choisis la dernière proposition, les autres ne sont pas envisageables ! Sauf si c’est Claude qui empile les sacs.
GV : Pour sortir du contexte Tunisie et pour conclure, une question un peu débile. Si tu étais un ouvrage d’hydraulique, tous types confondus, lequel serait-ce ?
EW : Je reconnais que c’est une question débile…Je ne sais pas trop, je pense au stabilisateur amont/aval. Par souci de régulation, contenter les gens, et cela permet d’utiliser au mieux l’énergie.

Au moment où se finit cette interview, nous osons une dernière question qui nous tenait à cœur…

GV : Quand tu étais enfant, est-ce que tu étais genre fanfaron à l’école ou bien au contraire un peu timide ? ?
EW : Il est clair que j’étais plutôt du genre à amuser la galerie déjà à l’époque ; un commentaire revenait souvent sur mes bulletins scolaires : « bon élève, mais bavard ! ».


LA VINYLOTHEQUE

Hop ! Et v’la la rubrique vieilleries musicales qui reprend du service.
Ce mois-ci, on va s’asseoir sur la plage de Venice à Los Angeles. On est en 1967 et on écoute :

THE DOORS

Le premier album de ce groupe mythique a tout siplement comme titre le nom du groupe. A moins qu’il n’ait pas de titre. Certains dirons que c’est un album éponyme. Bref, peu importe…

Tout le monde connaît (plus ou moins) les Doors et en particulier son chanteur charismatique Jim Morrison. C’est d’ailleurs lui qui est en gros sur la photo de la pochette. Pourtant, ils étaient quand même quatre dans le groupe. Les trois petits messieurs que l’on voit derrière s’appellent : Ray Manzareck (claviers), Robbie Krieger (guitare) et John Densmore (batterie).
Il faut savoir que même s’il a tout de suite été désigné comme leader du groupe, Jim (vous permettez que je l’appelle Jim…) n’appréciait guère cette situation. Il pensait d’ailleurs à une photo de pochette avec les 4 membres du groupe mis sur le même pied d’égalité). Il aura sa revanche, puisque la pochette du dernier album des Doors (L.A. Woman) nous montre nos quatre gusses bien serrés en rang d’oignons et Jim, caché sous sa barbe et ses cheveux apparaît même diminué par rapport aux autres.

Toujours et-il que c’est Jim qui écrit la plupart des paroles des chansons du groupe. Et quelle prose ! On y parle pelle-melle de drogues, d’évasion, de complexe d’Œdipe, de sexe, d’amour, d’alcool, d’autoroutes, de renards,…
Ces textes éclectiques et hautement philosophiques sont superbement mis en musique, notamment grrâce à des magnifiques soli de claviers. Ecoutez donc Light my fire pour vous faire une idée.

Dans l’album, outre les compositions du groupe, on compte deux superbes reprises : Alabama song (whisky bar) et Back door man. Dernière chose, le titre Light my fire fut à l’origine écrite par Robbie Krieger et modifiée pour être jouée par le groupe dans son ensemble.

Inutile de dire que le groupe déchainait les foules lorqu’il apparaissait en concert et il devenait extrêmement difficile de contenir les filles histérique à la vue de leur idole Jim. Pourtant celui-ci s’en fichait éperduement et prenait même plaisir à chanter de dos, à changer les paroles ou à ne pas chanter du tout quand il n’avait pas envie.

Un point important : certaines chansons sur l’album ont été censurées, car elles n’étaient pas très « correctes ». Il n’y avait pas à l’époque le désormais fameux sticker Parental advisory : explicit lyrics ! et on a donc gentiment retiré certaines références aux drogues et une phrase : « Mother, I want to fuck you » (je l’ai mis, pas de censure au Grand Vicaire !).

Que dire de plus…que l’album se termine sur un morceau d’anthologie : The end (d’où est tiré le fameux « Mother… »), qui reste pour de nombreux fans LE titre incontournable des Doors. Et c’est vrai qu’il y a de quoi : 11’35 de pure poésie musicale. Que rêver de mieux pour passer un bon moment.
Passez donc de bons moments avec les Doors et rendez-vous le mois prochain.

Fiche technique :

THE DOORS - janvier 1967 - Le premier album des Doors, considéré par la majorité des fans des Doors comme étant incontestablement leur meilleur. Effectivement, il a de très bonnes chances, avec des classiques comme Light My Fire, The End et Break On Through (To The Other Side).

1. Break On Through (To The Other Side) 2:29
2. Soul Kitchen 3:35
3. The Crystal Ship 2:35
4. Twentieth Century Fox 2:34
5. Alabama Song (Whiskey Bar) (Weil-Brecht-Harms) 3:20
6. Light My Fire 7:08
7. Back Door Man (Dixon-Burnett) 3:34
8. I Looked At You 2:22
9. End Of The Night 2:53
10. Take It As It Comes 2:17
11. The End 11:42
Total : 44:29

Tous les titres sont signés The Doors, sauf indication contraire.

disponible en CD et vinyl (Elektra)

Pour aller plus loin :

Un site internet en Fançais : www.crystal-ship.com

Une compilation (parmi d’innombrables) : The Best Of The Doors (Août 1973) (disponible uniquement en CD).

Le film d’Oliver Stone, si vous n’avez rien de mieux à faire…

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Pour les fans de Dire Straits, le nouvel album de Mark Knopfler vient de sortir (Sailing To Philadelphia)
Une nouvelle toute récente, Jim Morrison est mort et enterré au Père Lachaise
Toutes les musiques qu’on aime sont à prix très abordables sur le site www.cdiscount.com
A en croire le titre de son dernier album, Madonna ferait de la musique…
A écouter d’urgence, le nouvel album de Björk (Selmasongs). Personnellement, je ne connais pas mais on en dit beaucoup de bien.
Bonne nouvelle ! Les 2Be3 sont partis faire carrière aux Etats Unis (pourvu qu’on les retienne là-bas)
A ne pas rater : bourse aux disques le 22 octobre (salle de la bourse) et la grande foire européenne du disque les 20 et 21 janvier 2001 au Wacken.

J.J.


Quelques petits dessins qui valent le détour :

P.-S.

Y a pas à dire c’était classe tous ces articles... ^^

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